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Josée Desbiens et les trois femmes à la tête du RCM

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Josée Desbiens a été attachée aux communications du RCM de 1990 à 1994. Elle livre un témoignage titré Un message à MON maire ! dans le forum de l’article Pour témoigner.

Elle se souvient particulièrement d’un article écrit pour le bulletin du parti.

« L’article que j’ai rédigé sur les trois femmes à la tête du RCM, Léa Cousineau à la présidence du comité exécutif de la Ville de Montréal , Diane Barbeau à la présidence du caucus des élu-e-s du RCM et Louise Laviolette, à la présidence du parti, demeure encore aujourd’hui, une de mes grandes réalisations professionnelles. »

Diane Barbeau a retrouvé cet article dans ses archives personnelles.

Trois femmes à la tête du RCM

Louise Laviolette, Diane Barbeau et Léa Cousineau. Trois femmes, trois présidences à assumer : celle du parti, du caucus et du comité exécutif. Le journal du RCM les a toutes trois rencontrées pour échanger autour du thème des femmes et de la politique municipale.

Josée Desbiens

D’entrée de jeu, toutes trois s’entendent pour dire qu’elles n’ont pas suivi de plan de carrière pour en arriver là où elles sont aujourd’hui.

« Contrairement à bien des hommes pour qui la politique fait partie d’un plan de carrière bien dessiné à l’avance, je me suis aventurée en politique davantage pour relever un défi, de dire Diane Barbeau, l’actuelle présidente du caucus. Je pense que c’est le cas de plusieurs d’entre nous. »

Première femme de toute l’histoire de Montréal à occuper le poste de présidente du comité exécutif, Léa Cousineau avoue, quant à elle, n’avoir jamais songé à occuper ce poste. Je n’ai jamais pensé. dit-elle, qu’un jour je serais présidente du comité exécutif. Au moment où les choix se sont présentés, j’ai dit oui. J’ai dit oui à Ia présidence du parti, poste qu’occupe Louise aujourd’hui comme j’ai dit oui à une candidature au poste de conseillère municipale, de membre de l’exécutif et finalement de présidente du comité exécutif. »

Le municipal : un pallier plus adapté aux conditions de vie des femmes

L’arrivée des femmes sur la scène politique est assez récente. Pour une majorité de femmes. la politique municipale semble représenter la porte d’entrée en politique active. « Dans la mesure où la majorité des femmes ont dans la vie, de façon générale, des revenus inférieurs aux hommes, il y a beaucoup de femmes pour qui devenir conseillère municipale n‘a pas été un sacrifice. Pour certaines, ce fut une amélioration de leurs revenus. Pour d’autres, le maintien ou l’équivalence. Ce fut donc plus facile pour plus de femmes d’en faire un métier à temps plein. Il y a effectivement une partie de la place qu’occupent les lemmes dans notre caucus qui est liée à cette disponibilité. de dire Léa Cousineau. C’est comme un retour de l’histoire. »

Au-delà de ce qu’est le palier municipal en soi et la nature des choses dont il s’occupe, il semble être le palier de gouvemement qui correspond le mieux aux conditions de vie des femmes. Contrairement aux députées qui doivent se déplacer fréquemment à Québec ou à Ottawa, les conseillères municipales peuvent aller souper et coucher chez elles tous les soirs. Sentiments d’isolement vis-à-vis des autres collègues et de culpabilité vis-à-vis de la famille sont donc plus faciles à gérer de cette façon.

La loi sur le fonctionnement des partis politiques aura par ailleurs contribué pour beaucoup à l’accès des
femmes en politique. Les femmes sont pauvres on le sait. « À partir du moment où ce n’est plus ton financement personnel qui est garant de ta capacité d’être élue, tu viens d’ouvrir bien des porles » admet Léa Cousineau.

Le RCM, un projet politique collectif Intéressant pour les femmes

« La véritable libération de la femme. écrivait Thérèse Casgrain, à qui l’on rendait demièrement un hommage, ne pourra pas se faire sans celle de l’homme. Au fond, le mouvement de libération des femmes n’est pas uniquement féministe d’inspiration, il est aussi humaniste. »

C’est parce qu’elles ont trouvé des choses qui leur conviennent, compte tenu de leurs valeurs et de leurs préoccupations comme femmes que Léa Cousineau, Diane Barbeau et Louise Laviolette ont décidé de militer au sein du RCM.

En somme. c’est le projet politique et collectif du RCM qui les a intéressées un projet où l’on retrouve des priorités comme l’amélioration des conditions de vie et de travail des femmes.

Est-ce que les choses se passent différemment du fait qu’il y a une présence plus marquée de femmes au sein du Conseil municipal ? « Seize femmes. dont quinze élues sous la bannière du RCM, C’est un début de masse critique ». affirment nos trois présidentes. « La différence ne relève pas de l’idéologie, de dire Léa Cousineau, elle relève de ce que va produire dans les faits une présence plus massive de femmes. » Pour Louise Laviolette, « la présence des femmes en politique, ça ne peut pas faire autrement que de changer les choses. Les femmes, dit-elle, pensent à des affaires auxquelles les hommes ne pensent pas toujours. En ce sens-là, ça permet d’ouvrir à autres choses. »

Avez-vous personnellement l’impression de jouer les mêmes « games » que les hommes et d’être obligées d’adopter un modèle plus masculin ? « On reçoit certes une éducation basée sur un modèle donné. Par ailleurs, pour avoir travaillé dans un monde d’hommes, j’ai sûrement intériorisé quelque part certains comportements masculins. Cela dit. on peut se poser la question sur la différence réelle entre un comportement de femme et d’homme. Le produit qu‘on est comme individu n’est pas aussi culturellement pur que ça », d’affirmer Léa Cousineau.

« Je n’aime pas qu’on mette des étiquettes de renchérir Diane Barbeau. Ce n’est pas parce que l’on est une femme que I‘on est nécessairement douce et féminine. Quand j’observe les femmes qui font partie de notre caucus, je réalise qu’elles n’ont pas toutes la même façon de militer. Tout dépend des responsabilités et du tempérament de chaque personne. »

Quoi qu’il en soit, les Montréalaises ont des attentes bien précises face à l’administration du RCM et les défis à relever ne manquent pas. « La Ville dont les femmes ont besoin, nous y voyons actuellement. Les plans d’urbanisme, l’aménagement du territoire tel que souhaité par les femmes, la sécurité publique, des logements adaptés à la réalité des fermes, la réhabilitation du centre-ville, la préservation du transport en commun sont autant d’enjeux qui sont au coeur des préoccupations des femmes et de notre administration » de conclure la présidente du comité exécutif, Léa Cousineau.

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